“Mon âme se répand en moi, les jours d’affliction m’ont saisi.” Job 30. 16
“Anne répondit : Ce n'est pas cela mon Seigneur. Je suis une femme qui souffre en son cœur, et je n’ai bu ni vin ni boisson enivrante ; mais je répandais mon âme devant l’Éternel.” 1 Samuel 1. 15
Job et Anne ont tous deux traversé des moments intenses de souffrance et de perte d’espérance. Comment ont-ils réagi ? Ils expliquent tous deux leurs sentiments à un moment donné, dans ces deux versets qui ont en commun cette belle expression poétique : « répandre son âme ». Leur âme est en effet agitée et troublée, pleine de tristesse ou de colère, sans trouver d’apaisement. C’est comme si un acide en ébullition les rongeait de l’intérieur. Que faire de cet acide ?
On comprend l’amertume de Job : il est en deuil, frappé d’ulcères, culpabilisé par ses amis, méprisé par la population. Il a tout perdu : sa famille, ses biens, sa santé, ses amis et sa dignité. S’il s’épanche avec ses visiteurs, ils ne le comprennent pas et le condamnent ! Il se sent même trahi et abandonné par Dieu qui lui paraît lointain et indifférent. Alors ce flot d’émotions et de réflexions se répand en lui-même. L’acide reste à l’intérieur et semble brûler tout son être. Les jours d’affliction l’ont saisi, emprisonné. Il n’en sera délivré que par une intervention de ce Dieu qui est en fait proche et attentif, plein d’amour.
La deuxième femme du mari de Anne prenait un malin plaisir à la harceler de ses sarcasmes méprisants, particulièrement quand la famille se déplaçait à Silo pour sacrifier, adorer et se réjouir (1 Sam. 1. 1-7). Bien que profondément blessée, Anne aurait pu se laisser écraser par la tristesse et la frustration, refuser de participer aux repas et aux cérémonies, se morfondre dans sa solitude. Mais sa volonté réagit : elle décide d’aller seule dans le temple. Elle explique au sacrificateur qui l’interpelle : “Je répandais mon âme devant l’Éternel" et exprime "la grandeur de sa plainte et de son chagrin” (v. 16). Le résultat apparaît aussitôt : “elle s’en alla son chemin ; et elle mangea, et elle n’eut plus le même visage” (v. 18).
Répandre son âme, cela parait difficile quand on est trop perturbé pour s’expliquer clairement. Alors suivons l’exemple de David : “Je crierai de ma voix à l’Éternel, et il me répondra de sa montagne sainte” (Ps. 3. 4).
Source (Plaire au Seigneur)