"Le souverain sacrificateur se leva et lui dit : Ne réponds-tu rien au sujet des accusations qu'ils portent contre toi ? Mais Jésus gardait le silence. Le souverain sacrificateur lui dit : Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si toi, tu es le Christ, le Fils de Dieu. Jésus lui répondit : Tu l'as dit." Matthieu 26. 62-64
Deux jours avant que Caïphe ne soumette le Seigneur à l'interrogatoire rapporté dans le verset du jour, Jésus interroge les pharisiens : "Que pensez-vous du Christ (équivalent grec du mot hébreu « Messie ») ? De qui est-il fils ?" Leur réponse est instantanée : "De David", disent-ils. Elle pourrait laisser supposer qu'ils sont en bonne voie de le reconnaître comme tel, car "Fils de David" était le titre messianique le plus usage à l'époque de Jésus ! Le Seigneur leur pose la question suivante : "Comment donc David, par l'Esprit, l'appelle-t-il Seigneur ?" (Ps. 110. 1). Leur silence est absolu. Placé devant l'évidence que le Messie, "fils de David", est d'origine divine selon ce psaume, ils cessent tout dialogue pour éviter les conclusions que le Seigneur pourrait en tirer quant à lui-même (Matt. 21. 41-46).
Deux jours plus tard, c'est à Caïphe, souverain sacrificateur, d'interroger le Seigneur, lequel s'abstient de répondre aux faux témoignages de sa accusateurs. Or, il faut que Caïphe ait de quoi le condamner. Il a donc recours à l'adjuration, moyen solennel par lequel on contraint un inculpé à répondre. Caïphe sait par les pharisiens combien souvent le Seigneur a évoqué sa qualité de Messie et celle de Fils de Dieu. Aussi sa question est-elle formulée de telle façon que le Seigneur ne puisse échapper à une confession qui sera interprétée comme un blasphème, passible de la lapidation (Lév. 24. 16). "Tu l'as dit" ou "Je le suis" (Marc 14. 62) sera la seule réponse que reçut Caïphe, mais elle lui suffit pour condamner "le Christ, le Fils de Dieu" au titre de blasphémateur !
Aujourd'hui, comme les pharisiens, l'homme ferme son oreille au message du Sauveur ou, comme Caïphe, il le condamne, lui déniant tout caractère divin et toute autorité morale. Pourtant, si les outrages autrefois n'ont pas empêché le Seigneur de donner sa vie sur la croix pour que "quiconque croit en Lui... ait la vie éternelle", aujourd'hui son message retentit encore : "Moi, je suis la résurrection et la vie : celui... qui croit en moi... ne mourra pas, à jamais" (Jean 11. 25). Le croyez-vous ?
Source (Plaire au Seigneur)