“Les liens de la mort m'avaient enserré, et les angoisses du séjour des morts s'étaient emparées de moi. J'étais accablé par la détresse et la douleur, mais j'ai fait appel au nom de l'Éternel : Éternel, sauve-moi !... Je t'offrirai un sacrifice de reconnaissance et je ferai appel au nom de l'Éternel.” Psaume 116. 3, 4, 17
Un des verbes les plus fréquents du livre des Psaumes est « invoquer ». Parmi de nombreux autres psaumes d’invocation, le psaume 116 se distingue, car ce verbe revient à quatre reprises, divisant ainsi le psaume en quatre parties.
Or il apparaît rapidement que ce mot revêt deux sens a priori éloignés. Le premier sens est celui du v. 4. Le fidèle, aux portes de la mort, appelle au secours son Dieu ; il crie vers celui qui seul peut le délivrer dans l’extrémité où il se trouve. Invoquer, c’est donc appeler Dieu à l’aide.
Le second sens se rencontre dans les deux refrains des v. 13-14 et 17-19. Le fidèle se réjouit d’aller dans le temple, la maison de Dieu, et de dire publiquement devant tous combien l’Éternel est grand, bon, juste, etc. Invoquer, c’est donc aussi louer, proclamer.
Mais, comme souvent quand l’Écriture emploie un même mot avec des sens apparemment différents, il existe un lien entre ces deux significations. En effet, la délivrance particulière que le fidèle a éprouvée suite à son cri à Dieu le conduit à mieux connaître son Dieu. Il peut donc dire plus exactement, plus personnellement, plus profondément ce qu’il est et ce qu’il a fait.
Comme le psalmiste, en ce dimanche nous allons ensemble « prendre la coupe du salut » (Ps. 116. 13) et invoquer (dans le sens de louer, adorer) le Seigneur. Dans la semaine écoulée, bien des situations difficiles heureusement dénouées, de chutes évitées, de larmes séchées (Ps. 116. 8) viennent nourrir nos prières de reconnaissance ! Les cris laissent place à la louange et les réponses reçues la conduisent vers l’adoration du Dieu de notre salut.
Mais il n’est pas hors de place de l’invoquer aussi dans l’autre sens : peut-être avons-nous un besoin personnel pressant que nous pouvons partager avec nos frères et sœurs ; sans doute en connaissons-nous qui sont dans une détresse particulière. Quelle ressource que de pouvoir invoquer ensemble par la prière notre Dieu, de faire appel ensemble à son aide miséricordieuse !
Alors, invoquons notre Dieu, dans tous les sens du terme, ensemble aujourd’hui et personnellement “durant toutes nos vies” (Ps. 116. 2) !
Source (Plaire au Seigneur)